Retour sur la venue de Germano Zullo, rejoint par Albertine

Publié le 28 janvier 2020 Mis à jour le 28 janvier 2020
Une exposition, « L’Ecrivarium », qui montre les coulisses de son travail, les matériaux à la base d’une écriture de l’image ou d’une littérature illustrée, dont il devait superviser l’accrochage.

photo de la rencontre avec Albertine et Germano Zullo

Deux masterclasses, « Ecrire l’image », qu’il devait animer auprès des étudiants de Master 1 Documentation, avant de les encourager à en faire le compte-rendu public.

photo de la rencontre avec Albertine et Germano Zullo


La conférence « Le jeu de la création », avec Albertine, l’illustratrice avec qui il forme un duo, où ils devaient parler de leurs parcours artistiques et notamment du dialogue texte/image, propre à leur travail commun.
La lecture en musique de 3 de leurs albums, par les comédiens des Anachroniques, avec qui ils devaient tous les deux accepter de se caler en quelques minutes.

photo de la rencontre avec Albertine et Germano Zullo

Bref, Germano devait donner chaque goutte de son temps pour étancher notre soif de le connaître et de comprendre son travail.

Il n’a pas eu peur, il a été d’accord pour tout, il a fait plus, bien plus, et il n’était même pas asséché à la fin !

Il est venu avec ses doutes émouvants, sa force communicative, son attention à tous et à tout, son regard qui va au cœur des choses et des gens, sa voix douce et ses mots profonds. Nous vous en livrons quelques-uns.

Dès l’accrochage de l’exposition, les étudiants ont bénéficié d’une confiance et d’une bienveillance immédiates, alors que nous avons un matériel lacunaire et qu’ils n’avaient aucune expérience. Germano a donné un modèle, mais était d’accord avec les propositions, et il a tapé sur ses doigts avec le marteau comme tous. « Je n’ai pas servi à grand-chose », a-t-il dit avant de partir.

Lors des ateliers d’écriture, sa proposition de réflexion sur ce qui est en jeu dans l’écriture, « d’où je viens », « où je vais », aurait pu faire peur. Sa sincérité - « moi, je suis perdu » -, a encouragé tout le monde. Et sa précision dans la description d’un scénario, à la façon d’un auteur de bande dessinée, ou d’un réalisateur, a montré que l’écriture est un outil qui lui permet d’éclairer son chemin et de se retrouver. Cette relation à l’image dans l’écriture même nous a rendus impatients de rencontrer Albertine !

Le compte-rendu public des ateliers d’écriture rendait les étudiants nerveux. Germano n’a forcé personne, mais sa patience, son regard embrassant ont décidé les premiers. Ses éloges sincères ont rassuré tout le monde. « C’est une très bonne idée de livre, ça », a-t-il tranquillement déclaré à une étudiante inspirée.

Puis Albertine nous a rejoints. En voyant Germano et Albertine côte à côte, nous avons compris ce que dialogue texte-image veut dire. Si Germano est « perdu », les images d’Albertine lui montrent la voie, si Albertine dessine trop vite, le texte de Germano la ralentit, la recentre. Ce que nous avions aperçu le matin, dans la description minutieuse de chaque page d’un futur livre par Germano, nous l’avons vu à la lumière de leur duo : « il est l’épine dorsale », dit-elle. Il construit la structure, elle propose l’exubérance, elle aime la vitesse, il impose la lenteur.
La lecture des Oiseaux, délicatement mis en musique par Léo et Ludo, des Anachroniques, a particulièrement illustré cette densité égale du texte et des images.

Nous avons l’impression de mieux connaître et de mieux comprendre le travail d’écriture de Germano. C’est un processus permanent, une façon d’être. En nous regardant en face, il nous a dit « là, j’écris. Je vous vois, je m’imprègne, un jour une attitude, un instant me reviendront, et je m’en servirai ».

En partant, Germano a parlé à mi-voix de « l’intensité » de ces moments.

Merci pour la sincérité, la justesse et l’élégance, Germano et Albertine !