Corps & Magie : expériences du "hors de"

Publié le 9 novembre 2019 Mis à jour le 18 janvier 2021
du 17 mai 2021 au 18 mai 2021
 

MDR - D29
Campus du Mirail
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Dir. scientifique : Edwige Armand, Emma Viguier, Antoniy Valchev

Dans la perspective d’un colloque sur le corps et la magie, nous souhaitons engager un processus de recherche, de création et de réflexion prenant la forme de plusieurs journées d’étude aux orientations spécifiques. Afin d’impulser ce « programme », c’est le terrain des expériences, pratiques, perceptions, représentations du corps et de la magie – ou du corps magique – qui retiendra toute notre attention et particulièrement ce qui se joue dans le mouvement du « hors de ».

Direction scientifique : Edwige Armand (MCF en Arts, INP Purpan, LARA SEPPIA), Emma Viguier (MCF en Arts plastiques et théories de l'art, UT2J, LLA CREATIS), Antoniy Valchev (Doctorant en Arts plastiques, UT2J, LARA SEPPIA)


Argumentaire :

Pratiques magiques et/ou sorcellaires, chamanisme, spiritisme et expériences médiumniques, divinations, nécromancies… mais aussi représentations, croyances, arts, sciences, techniques et technologies, constituent une constellation qu’il nous importera de considérer à la lumière – ou dans l’obscurité – du corps. Qu’elle soit « blanche » ou « noire », « sympathique » ou « funeste », la « magie » est le lieu où les intentions, les visions, les fictions, les actions portent le corps, prennent corps et l’emportent au-delà. Mais s’il est indéniablement question de pratique et de création – la magie étant avant tout du côté du « faire » (Marcel Mauss, Esquisse d’une théorie générale de la magie, 1904), de l’action et de l’effet, de la transformation du cours du monde et de l’invention de possibles –, il s’agira aussi d’appréhender un savoir, voire une « sagesse » (mageia), et de toute évidence, une posture. Si aborder l’axiome corps-magie/magique nous fait prendre le risque de verser dans l’occultisme et/ou la fumisterie, il ne faut pas oublier que les disciplines scientifiques, philosophiques, et plus encore artistiques, n’ont cessé d’œuvrer, avec plus ou moins d’insolence, sur le terrain du « magique », faisant souvent entorse aux cadres du logos, déstabilisant les discours d’autorité. À ce titre, le magique se révèle également comme une force critique et politique, un faire et un savoir qui déjouent, déplacent, inscrivent des failles, suscitent et modèlent des possibles.

C’est justement ce mouvement, en ce qu’il prend au corps et qu’il fait corps – parfois hors de lui-même –, que nous souhaitons déployer dans cette première journée d’étude. Pour ce faire, il s’agira de questionner les limites du corps (biologique, psychique, propre…) dans ses rapports institués, imaginaires, cultuels et culturels, ou encore biomédicaux. Au travers de différentes approches disciplinaires, nous aborderons les frontières d’un corps dans ce qu’il peut avoir de plus extra-ordinaire. Penser le corps dans ses dimensions diverses, transverses – artistiques, magiques, anthropologiques, philosophiques – nous permettra de complexifier la vision parfois réductrice que nous avons à son égard. Questionner les limites, penser et œuvrer les débords, le hors de, permet de résister et d’explorer la subjectivité d’un corps dont le potentiel et les possibles restent toujours à révéler, voire à inventer. Ainsi, les entrées de cette journée d’étude pourront-elles aborder aussi bien le corps magique, sa performativité, son extra-corporalité (de même que les expériences et phénomènes médiumniques, chamaniques, les Out-of-Body Experiences…), les changements de représentation qui sont fonction d’une culture donnée et ses modifications actuelles. La notion du hors de en sera le fil rouge. Une approche des pratiques artistiques concernant la question des limites, des frontières, sera aussi primordiale pour faire l’expérience d’un corps déplacé en dehors ou au-delà de nos représentations et assignations – voire d’un corps vécu hors de lui-même au regard des performances artistiques les plus actuelles. Les pratiques artistiques n’ont cessé d’envisager et de déployer le corps dans la multitude des regards, sensations, perceptions, dimensions, plasticités, le remettant toujours et sans cesse en question, en doute et en suspens.
Cette journée d’étude, que nous souhaitons transverse et dans la perspective de la recherche-création, fera une large place à l’engagement des artistes et artistes-chercheur/ses – en chair et en discours, en création et en recherche – et à leurs expériences hors de, ici et maintenant.

https://corps-magie.sciencesconf.org/